#6 – LA VOIX DE L’OCCIDENT
Selon l’analyse de Cyrille Schott, ancien directeur de l’Institut national des Hautes études de la sécurité et de la justice, la pandémie, qui constitue bien un stress-test pour nos régimes et nos sociétés, risque de bouleverser l’ordre mondial, à l’instar des deux conflits mondiaux, de la chute de l’Empire Soviétique et des attentats du 11 septembre 2001.
Après avoir délaissé les actions multilatérales (Accord climat, OTAN, …), le Président américain met en cause dans la crise actuelle le « virus chinois », et préfère se passer de la coopération avec les autres nations. A l’aune de ces changements de cap, les Etats-Unis sont-ils encore la première puissance mondiale ?
La Chine, après une action un peu tardive mais déterminée et efficacement organisée, semble avoir vaincu l’épidémie. Désormais, elle s’est engagée dans une diplomatie sanitaire offensive, tournée vers les pays en pleine bataille contre le virus : envoi de masques, mais aussi de médecins et de spécialistes.
Mais il n’y a pas que la diplomatie : les publications scientifiques chinoises sur le virus et les traitements possibles font référence, et la machine de production chinoise, énorme, repart, alors que les économies américaine et européenne sont au ralenti sinon à l’arrêt. La Chine se hissera-t-elle alors sur la première marche du podium des puissances mondiales ?
L’Union a elle aussi un peu tardé à réagir, cependant, comme toujours dans l’histoire de la construction européenne, la crise appelle les décisions : 1.000 milliards d’euros mis sur la table par la BCE et la Commission, suspension des règles budgétaires, fermeture des frontières extérieures. Si l’Europe surmonte cette crise, ce qu’il est permis de croire, elle aura franchi de nouvelles étapes, s’engageant à devenir, peut-être, la voix de l’Occident.