L'HOMME, LE MEILLEUR AMI DE SON ENNEMI | France Dirigeants - Séminaires de formation pour dirigeants et cadres dirigeants

#10 – L’HOMME, LE MEILLEUR AMI DE SON ENNEMI

#10 – L’HOMME, LE MEILLEUR AMI DE SON ENNEMI

Les virus sont-ils des êtres vivants ? De nombreux scientifiques ne considèrent pas les virus comme vivants car ils n’ont pas de cellules et ne produisent pas d’énergie par la respiration, une définition-clé des organismes vivants. Les virus se réduisent quasiment à de l’ADN ou à de l’ARN, bref à du matériau génétique. Quoi qu’il en soit, les virus ont besoin, pour se reproduire, de s’adosser à d’autres structures biologiques plus étendues.
Thomas Heams, enseignant-chercheur à AgroParisTech, propose dans son très beau livre éponyme de parler d’infravies, plutôt que de non-vivants. Le philosophe Emanuele Coccia, dans son ouvrage Métamorphoses, écrit bien avant la pandémie actuelle, esquisse l’idée que le virus est la manière dont « le futur existe dans le présent ». Car le virus, selon lui, est une force pure de métamorphose qui circule de vie en vie sans être limitée aux frontières d’un corps.
La puissance transformatrice des virus a évidemment quelque chose d’angoissant à un moment où le Covid-19 est en train de changer profondément notre monde. L’angoisse que nous éprouvons aujourd’hui résulte en grande partie de ce que nous réalisons qu’un virus, un « ennemi invisible », soit capable de paralyser la civilisation humaine la plus évoluée.
En réalité, la nature n’est pas le règne d’un équilibre perpétuel, dans lequel chacun serait à sa place. Elle est un espace d’invention permanente de nouveaux vivants qui viennent chambouler tout équilibre. Avec ce virus, nous réalisons que cette puissance inouïe de nouveauté n’est pas liée à une dotation anatomique spécifique, à la taille par exemple, ou à une capacité cérébrale
Laissons conclure le paléoanthropologue Pascal Picq, pour définitivement  renoncer à notre ambition cartésienne de « maîtres et possesseurs de la Nature » : ‘’Homo sapiens se pense trop souvent comme le chef-d’œuvre de l’évolution, il serait temps qu’il ait la sagesse de comprendre qu’il est l’hôte d’une nature où dominent les micro-organismes, dont les bactéries et les virus, les véritables surdoués de l’évolution’’.

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